Qui étaient les poilus de 14-18 ? Histoire du mot et des hommes

Le jeu qui donne son nom à ce site emprunte le sien aux soldats français de la Première Guerre mondiale. Mais qui étaient les poilus, au juste ? Derrière le mot affectueux, quelque 8,4 millions d’hommes mobilisés, dont l’expérience dépasse tout ce qu’un plateau de jeu peut représenter. Repères.

D’où vient le mot « poilu » ?

Contrairement à une idée répandue, le terme ne vient pas des barbes des tranchées. Il est bien plus ancien : Molière parle déjà d’« un brave à trois poils », et dans l’argot des casernes du XIXe siècle, le « poilu » est l’homme qui n’a pas froid aux yeux. La guerre a généralisé le surnom pour désigner les combattants de première ligne, ceux qui tenaient. À l’armée, on parlait officiellement des « hommes ». Selon le linguiste Albert Dauzat, « poilu » est devenu pour les civils le mot du combattant, par opposition à « l’embusqué ».

Combien de poilus ont été mobilisés ?

Environ 8,4 millions entre 1914 et 1918, dont 7,9 millions de Français et 475 000 soldats des colonies, pour un pays d’à peine quarante millions d’habitants. Beaucoup de paysans, des ouvriers, des instituteurs, des employés : la France entière, en capote bleu horizon à partir de 1915. En août 1914, le système rappelle les hommes de 21 à 48 ans, de l’armée d’active à la réserve de la territoriale. Près de 1,4 million n’en sont pas revenus ; le bilan dressé en 1920 par le député Louis Marin compte environ trois millions de blessés, dont 700 000 mutilés.

Le quotidien des tranchées, c’est d’abord l’attente : la boue, le froid, les rats, les poux, le manque de sommeil. Les assauts, terrifiants, restent des moments courts au regard des semaines de garde et de corvées. C’est exactement ce renversement que reprend le jeu : les cartes qu’on y affronte s’appellent Pluie, Neige, Nuit, au même titre que l’Obus : chaque menace figure 14 fois dans le paquet.

Comment les poilus tenaient-ils ?

Par le groupe, d’abord. L’escouade, quelques hommes sous les ordres d’un caporal, partageait le vin, les colis, les nouvelles et les peurs. Le Feu d’Henri Barbusse, prix Goncourt 1916, porte d’ailleurs le sous-titre « Journal d’une escouade », et Maurice Genevoix décrit la même fraternité dans les récits réunis sous le titre Ceux de 14. Le pacte des amis du jeu, « revenir tous ensemble », s’inscrit dans cette réalité.

Que retient le jeu de cette histoire ?

Les épreuves plutôt que les combats. Fabien Riffaud et Juan Rodriguez ont travaillé en partenariat avec l’Historial de la Grande Guerre de Péronne, et la boîte porte le logo de produit officiel de la Commémoration du Centenaire. Leur choix de ne représenter ni ennemi ni combat, seulement les épreuves et les coups durs, rend le jeu utilisable en classe : il ne fait pas jouer la guerre, il fait ressentir ce qu’elle coûtait. On raconte ici pourquoi ce petit jeu est devenu culte.

Côté jeux, notre sélection des jeux de société sur la Grande Guerre montre comment le plateau s’est emparé du sujet.

Sources

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